Quand j'achète une crème anti‑âge, j'ai parfois l'impression de décoder un message secret. L'INCI (la fameuse liste d'ingrédients) ressemble à une langue étrangère où se cachent à la fois des actifs miracles et des composants dont on se passerait volontiers. Avec le temps, j'ai appris à repérer les éléments vraiment problématiques, à comprendre les priorités (cet ingrédient est à 0,1 % ou à 20 % ?) et à faire des choix qui correspondent à ma peau et à mes valeurs. Je vous livre ici ma méthode concrète pour lire une liste INCI sans vous tromper.
Commencer par l'essentiel : comment lire l'ordre des ingrédients
L'INCI, c'est simple sur le principe : les ingrédients sont listés par ordre décroissant de concentration. Les premiers noms sont donc les plus présents dans la formule. Cela veut dire que si vous voyez en tête un paraffinum liquidum (huile minérale) ou un alcohol denat., ces ingrédients représentent une part importante du produit et auront un impact réel sur la texture et l'effet global.
Quelques règles rapides :
Les ingrédients que j'évite (et pourquoi)
Je ne suis pas dogmatique : certains ingrédients controversés ne sont pas forcément catastrophiques selon le contexte. Mais voici ceux que je regarde systématiquement d'un œil critique quand il s'agit d'une crème anti‑âge.
Ce que je cherche en priorité dans une anti‑âge
Au delà d'éviter certains composants, une bonne crème anti‑âge doit contenir des actifs efficaces. Voici ceux que j'apprécie et pourquoi :
Lire entre les lignes : parfums, allergènes et mentions trompeuses
Le mot « parfum » dans une INCI ne vous dit pas tout : il peut regrouper des dizaines de molécules, dont certaines allergènes (limonene, linalool). Si vous avez une peau sensible ou êtes sujette aux réactions, privilégiez les mentions « sans parfum » ou les formulations dites hypoallergéniques — mais attention, « hypoallergénique » n'est pas une garantie réglementaire stricte.
Les mentions marketing comme « naturel », « bio » ou « clean » ne remplacent pas la lecture de l'INCI. Une crème « naturelle » peut contenir des huiles essentielles irritantes et une « crème sans conservateur » peut être un risque microbiologique. Je pèse toujours l'argument marketing contre la liste réelle des ingrédients.
Un tableau pratique : ingrédients à surveiller et alternatives
| Ingrédient à surveiller | Pourquoi | Alternative ou solution |
|---|---|---|
| Parabènes | Potentiel perturbateur endocrinien | Phenoxyethanol (avec prudence), ou formulations conservées naturellement bien formulées |
| Phtalates | Liés à des effets hormonaux | Eviter les parfums synthétiques suspects ; choisir sans phtalates |
| Huiles minérales | Occlusives, pas biodégradables | Huiles végétales (squalane, jojoba) pour une alternative non occlusive |
| Silicones | Effet filmogène, peut masquer | Esters naturels ou émollients non‑silicone |
Exemples concrets d'INCI (et comment je les lis)
Voici deux listes fictives et ce que je déduis :
Interprétation : base hydratante (glycerin) mais présence notable d'huile minérale et silicones (occlusifs). Le rétinol est présent mais la présence de parfum et phenoxyethanol peut irriter. Convient aux peaux sèches mais pas aux peaux sensibles/grasses.
Interprétation : formulation orientée vers actifs efficaces et huiles plus nobles (squalane). Benzyl alcohol est conservateur naturel mais peut être irritant chez certains. Globalement plus clean et bien ciblée pour anti‑âge/éclat.
Outils et réflexes qui me font gagner du temps
Pour éviter de passer 20 minutes sur chaque produit, j'utilise quelques outils et habitudes pratiques :
Choisir selon votre profil de peau
On ne lit pas une INCI de la même façon selon qu'on a la peau sèche, sensible ou mixte :
Lire une INCI, ce n'est pas devenir intransigeant·e du jour au lendemain, mais c'est reprendre le contrôle de ses choix. Avec l'habitude, on distingue vite une formule sérieuse d'un produit qui mise surtout sur le marketing. Et surtout : un bon soin, c'est celui qui respecte votre peau — pas seulement la tendance du moment.